Papillons Blancs

Oh, comme le temps
Des papillons blancs est passé.
Je ne te vois plus, incarné,
Que dans mes cauchemars.
Les ailes brisées, désenchantée,
J’attends la nuit, le jour.
Et un soir, ton sourire
Évoque de sombres nuages.
Je ne désire plus, tu
As tué mon espoir, à jamais ?
De blanc à or, tu as traversé
Ma mémoire perdue, jusqu’au noir.

J’entends parfois la lune bleue
Susurrer doucement un secret.
Je soupire, sera-t-il heureux,
Ce temps qui n’est pas encore venu ?

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Labeur

Et l’ardeur toujours la reprenait
Au moment où elle suffoquait le plus.
La tâche de Sisyphe, encore et encore,
Roulait dans sa tête fatiguée.

Le Soleil toujours reprenait sa course,
La Pluie tombait, le Vent soufflait,
Et quand le Sommeil la gagnait enfin,
Il ne durait que d’heures trop courtes.

Elle s’obstinait, tant et si bien,
Que la Montagne gravie parut moins haute,
Pourtant le sommet n’en fut atteint
Jamais elle n’en vit la cime d’or.

Et si le Fruit de ses efforts vains
Prenait alors un goût amer,
La chaleur des moments sereins
Lui rappelait qu’il était nécessaire.

Le Labeur si ardu soit-il,
ou si absurde qu’il lui paraisse
N’avait plus rien d’inutile, vital,
C’est lui qui apportait la Plume.

 

 

 

L’abeille

J’étais comme cette abeille qui se heurte au vitrage, incapable de voir que la liberté se trouvait juste tout près, mais qu’il fallait pour l’atteindre regarder derrière elle. Je me cognais sans cesse à l’obstacle, dont la transparence me faisait miroiter une infinité de possibles tout en me retenant prisonnière, entêtée, convaincue de choisir le bon chemin.

Et puis je me suis retournée.

J’ai vu une multitude de pourquoi pas, un espace aussi vaste que l’océan, il ne me restait plus qu’à voler, sans douleur, pleinement consciente de ce dont j’étais capable. Peut-être pas de m’élever haut dans le ciel, toucher le soleil, mais au moins être éblouie de quelques-uns de ses rayons. Et alors d’une centaine de coups d’ailes créer du mouvement, infime, léger mais rafraichissant ?

Je ne serai plus victime désormais de l’impact du verre sur mon visage, sur mon cœur. Je tends à produire cette invisible piqûre, non pour blesser mais pour faire se retourner tous ceux qui ne voient pas encore, en douceur. Je suis petite, la tâche est gigantesque mais les mots me feront grandir. Monde de titans, je te parcours, je t’écris tel que je te perçois et peut-être un jour je ferais partie de toi, sans écraser qui que ce soit.

Désembrumée

Le monde devient fou
Et moi je tricote
Des souvenirs et des vous,
Dans l’ombre des côtes
De mon amertume.
Le temps s’épaissit
L’air devient pesant
Un pull de laine roussit
Par le feu ardent
De juin qui bitume.
J’attends l’eau, la pluie
pour me rafraichir
Faire couler les mots
Sur l’écran blanchir
Mes idées qui fument.
Car voilà la fin
D’une ère malheureuse
Ces semaines en vain
D’actions poudreuses
Laissent place à la plume.

 

La misère en bas de chez toi, la misère en bas de chez moi

Nous aussi, on voyage...

IMG_8613Los Angeles, California, USA, Mai 2018

Tu as peut-être vu passer mon post pour la collecte de sacs à dos…ce week end là, j’étais pas très bien.

Depuis l’été dernier, tous les jeudis, je prends mon vélo pour aller travailler. 20 min le long du canal, il faisait beau, c’était agréable et puis c’est écolo et je faisais du sport (genre).

Et puis en septembre, octobre ben j’allais pas bien, j’avais pas envie de prendre mon vélo…

Et puis il a fait froid…

En janvier, j’ai repris un peu, pas tous les jeudis mais j’ai repris un peu et puis j’ai vu les tentes. Des tentes Quechua, des baskets devant, des gens posés.

Des gens venant d’ailleurs, qui dormaient dans le froid.

Toutes les semaines, il y en avait un peu plus, tellement que des barrières ont été installé pour laisser un petit passage.

Et puis j’ai arrêté le vélo…

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Absence

J’ai peur, un jour, qu’Absence me perce, de part en part. Qu’elle s’élargisse, jusqu’à ce que le néant remplace entièrement Cœur, inaudible, incapable de battre. Parfois j’ai senti ce vide faire sa place, puis il a été comblé. Comblé de rires, de sourires, de mots doux, de regards. Il a fui à nouveau, répandant ça et là quelques larmes, quelques silences, quelques questions. Mais toujours, toujours, Vous le remplissez. Quand je pense atteindre le ras bord, le réceptacle s’amplifie, l’espace s’agrandit, prêt à recevoir encore, encore. Et quand il arrive à déborder, alors le seul moyen reste de partager, pour ne pas laisser perdre. C’est un dilemme, donner remblaie plus qu’il ne vide… Quel cercle sans fin, quel bonheur ! Pourvu qu’Absence ne gagne jamais, Cœur, Cœur, bats plus fort s’il-te-plait !

Petit-monde

À demain Petit-monde,
Ai-je susurré,
Tandis que le sommeil gagnait sa voie.

Mais Petit-monde ne dormait pas,
Petit-monde voulait vibrer, s’époumoner,
S’exorciser, alors il resta éveillé.

Dors bien Petit-monde,
Continuai-je à espérer,
Inutile cette envie de silence, résignée.

Je tentais en vain de l’assoupir,
Petit-monde tournait sans tomber,
Et je compris enfin, Petit-monde ne s’éteint jamais.